Investisseur non-résident en Tunisie : preuve du capital

Le jour où un dividende oblige à remonter jusqu’à l’origine du capital

Un investisseur non-résident en Tunisie peut ne rencontrer aucune difficulté pendant plusieurs années, puis découvrir au moment de son premier transfert de dividendes qu’il faut remonter jusqu’à l’origine documentaire de sa participation au capital.

Trois ans auparavant, la situation paraissait pourtant simple. Les devises avaient été envoyées depuis l’étranger. Les fonds étaient arrivés. La société avait été constituée. Le capital avait été libéré. L’activité avait commencé et les comptes bancaires fonctionnaient normalement.

Trois exercices plus tard, la société réalise un bénéfice. Les comptes sont approuvés et les associés décident d’en distribuer une partie.

C’est alors qu’une opération qui semble appartenir à l’exercice actuel oblige à regarder beaucoup plus loin dans le passé.

L’intermédiaire agréé — généralement la banque auprès de laquelle le dossier de transfert est domicilié — ne regarde pas seulement le montant du dividende. Il doit pouvoir comprendre à qui il est versé, quelle participation justifie ce droit et comment l’investissement à l’origine de cette participation a été financé et documenté.

Le dossier commence donc parfois trois ans avant le dividende.

Ce décalage explique une difficulté que les investisseurs découvrent souvent trop tard : l’entrée effective des fonds et la preuve réglementaire de l’investissement ne sont pas exactement la même chose.

Ce que la banque doit retrouver dans le dossier d’un investisseur non-résident en Tunisie

Prenons un apport de 100 000 euros.

Le virement est parfaitement identifiable. Il provient d’un compte étranger au nom de l’investisseur. La somme correspond au capital annoncé et le relevé bancaire tunisien confirme sa réception.

Économiquement, le raisonnement paraît terminé : l’investissement existe.

Pour la réglementation des changes, il faut cependant être capable de relier plusieurs événements qui ne se produisent pas nécessairement le même jour.

Il y a d’abord le flux financier : les devises entrent en Tunisie.

Il y a ensuite l’opération juridique : constitution de la société, augmentation du capital, acquisition de parts ou d’actions, selon le dossier.

Il y a enfin la trace réglementaire de l’investissement, qui permet de faire correspondre le financement et l’opération auxquels il se rapporte.

La circulaire BCT n° 2018-14 organise précisément cette mécanique pour les investissements en devises réalisés par des non-résidents. Son article 5 prévoit que les opérations relevant du dispositif sont déclarées par une fiche d’investissement ou, dans certaines situations particulières prévues par le texte, par une attestation bancaire d’investissement. Il serait donc inexact de considérer qu’un seul document couvre indistinctement toutes les formes d’investissement d’un non-résident.

Cette distinction est importante parce qu’elle évite de réduire la question à une formalité administrative standard.

La première étape consiste toujours à déterminer quelle opération a réellement été réalisée, par qui, avec quel financement et selon quel circuit réglementaire.

Dans le cas classique d’une participation en devises soumise à la fiche prévue par l’article 6, la chronologie devient particulièrement importante.

La banque valide une déclaration qu’elle n’est pas chargée d’établir à la place de l’investisseur

C’est probablement l’un des malentendus les plus importants dans la pratique.

L’investisseur voit sa banque recevoir les devises. La banque dispose des références du transfert, connaît la société et intervient dans différentes opérations liées au capital.

Il peut donc spontanément penser :

« Puisque ma banque a reçu les fonds, elle s’est nécessairement occupée de toutes les formalités relatives à l’investissement. »

La circulaire répartit pourtant clairement les responsabilités.

L’article 6 impose à l’investisseur non-résident ou à son mandataire d’établir la fiche dans un délai de deux mois à compter de la réalisation de l’investissement concerné.

L’article 7 intervient ensuite : l’intermédiaire agréé domiciliataire dispose d’un mois à compter de la déclaration pour procéder à sa validation et doit confronter les informations saisies aux documents qu’il détient.

La séquence est donc simple sur le papier :

l’investisseur ou son mandataire déclare ; l’intermédiaire agréé contrôle et valide.

Mais cette séquence peut être beaucoup moins évidente pour une personne qui découvre pour la première fois le fonctionnement de la réglementation des changes tunisienne.

La réception du virement n’est pas une notification indiquant que la déclaration prévue à l’article 6 a nécessairement été effectuée.

Et l’obligation de validation imposée à l’intermédiaire agréé ne signifie pas que celui-ci doit spontanément établir la déclaration initiale à la place de l’investisseur.

C’est précisément là qu’une absence d’information au bon moment peut produire un effet différé.

Aucune difficulté immédiate n’apparaît nécessairement.

Les fonds sont là. La société fonctionne. Aucun dividende n’est encore demandé.

Le dossier peut rester ainsi pendant plusieurs exercices.

Le délai de deux mois ne se lit pas simplement sur le relevé bancaire

Une deuxième difficulté mérite d’être isolée.

Lorsqu’une personne entend « deux mois à compter de l’investissement », son premier réflexe peut être de regarder la date du virement.

La circulaire raisonne plus précisément.

Pour une participation au moment de la constitution d’une société, elle rattache notamment la réalisation de l’investissement à l’immatriculation de la société. Pour une augmentation de capital, une acquisition de parts sociales, une acquisition d’actions ou certaines opérations immobilières, d’autres événements juridiques déterminent le point de départ.

Cela signifie qu’un bon dossier doit conserver deux chronologies cohérentes :

la chronologie bancaire, qui explique comment les devises sont entrées ;

et la chronologie juridique, qui permet d’identifier l’opération financée.

Elles se rejoignent, mais elles ne se confondent pas.

Un virement effectué avant l’immatriculation peut parfaitement financer le capital de la future société. Cela ne signifie pas pour autant que la date du virement devient automatiquement la date juridique retenue pour toutes les formalités.

À l’inverse, posséder les statuts et l’immatriculation sans pouvoir démontrer le financement extérieur de la participation laisse une autre partie du raisonnement sans réponse.

Lorsqu’un dossier est préparé au moment de l’investissement, cette correspondance est généralement facile à établir.

Plusieurs années plus tard, elle peut devenir un véritable travail d’archives.

Le dividende oblige à remonter le film du capital

C’est ici que l’on comprend pourquoi une formalité effectuée au commencement peut redevenir importante beaucoup plus tard.

La société distribue un dividende parce qu’elle dispose d’un bénéfice distribuable et qu’une décision sociale a été prise conformément aux règles applicables.

Cette décision établit le droit du bénéficiaire au regard de la société.

Elle ne répond cependant pas, à elle seule, à la question bancaire suivante :

le montant peut-il être transféré vers l’étranger au profit de ce bénéficiaire non-résident dans le cadre de la réglementation des changes ?

La circulaire traite les deux sujets à des étapes différentes.

Son article 10 autorise les intermédiaires agréés à effectuer les transferts de bénéfices et dividendes revenant aux associés et actionnaires non-résidents sur la base du dossier documentaire prévu. L’article 12 leur impose, au moment du transfert, de vérifier notamment la régularité de la création de la société et de la participation au capital de l’investisseur non-résident bénéficiaire.

C’est une différence fondamentale.

La distribution appartient à l’histoire du résultat. Le transfert oblige aussi à relire l’histoire de l’investissement.

La banque ne cherche donc pas simplement un procès-verbal récent.

Elle doit pouvoir faire correspondre le bénéficiaire actuel, sa participation, l’investissement initial, le financement en devises et les autres justificatifs nécessaires au transfert.

La fiche intervient très en amont dans cette chaîne.

Elle n’est pas établie parce qu’un dividende vient d’être décidé. Elle existe parce qu’un investissement a été réalisé.

Mais lorsque le premier dividende doit quitter la Tunisie, cette ancienne trace peut redevenir l’une des pièces permettant de comprendre comment le bénéficiaire a acquis sa participation.

Legal Crea développe précisément cette articulation dans sa page consacrée à la fiche d’investissement du non-résident pour le transfert futur des dividendes.

Cette page spécialisée traite notamment du délai de déclaration, de la validation par l’intermédiaire agréé et du rôle que joue ensuite la traçabilité de l’investissement lorsque des bénéfices, un produit de cession ou un produit de liquidation doivent être examinés dans le cadre d’un transfert. La page indique elle-même qu’elle ne traite pas le cadre général d’un projet international, mais cette formalité documentaire précise.

Cette frontière est essentielle : la fiche ne crée pas le bénéfice, ne décide pas le dividende et ne garantit pas à elle seule le transfert. Elle documente une partie de l’histoire que l’intermédiaire agréé devra être capable de vérifier.

Trois dossiers peuvent avoir reçu exactement le même argent et pourtant poser trois problèmes différents

Dire simplement « la fiche manque » ne suffit pas pour comprendre un dossier.

La réalité est souvent plus nuancée.

Premier dossier : l’argent est parfaitement identifiable, la formalité ne l’est pas

Le virement est retrouvé immédiatement. Le montant correspond au capital. Les justificatifs de la banque étrangère et de la banque tunisienne sont disponibles.

La participation de l’investisseur n’est pas contestée.

En revanche, aucune preuve claire ne permet d’établir que la déclaration attendue a été correctement menée jusqu’au bout.

Dans ce cas, le problème ne consiste pas à prouver que l’argent a existé.

Il consiste à déterminer comment une opération économiquement et bancariamente identifiable doit aujourd’hui être traitée du point de vue réglementaire.

Deuxième dossier : la déclaration existe, mais personne ne sait précisément où son traitement s’est arrêté

Une fiche a peut-être été créée.

Un ancien échange avec la banque existe.

L’investisseur pense que tout a été terminé.

Trois ans plus tard, il faut cependant vérifier si l’intermédiaire agréé a effectivement procédé à la validation prévue par l’article 7.

Cette situation n’est pas la même qu’une absence totale de déclaration.

Le diagnostic doit commencer par les traces disponibles : déclaration, référence, banque domiciliataire, éventuelles demandes de pièces complémentaires et état de validation.

Troisième dossier : tout était cohérent au départ, mais le capital a changé depuis

Le problème devient encore plus intéressant lorsqu’une société a vécu.

Un nouvel associé est entré. Une augmentation de capital a eu lieu. Certaines parts ont été cédées. Le pourcentage de participation du non-résident n’est plus celui de l’origine.

La question n’est alors plus seulement :

« Où est la fiche initiale ? »

Il faut pouvoir relier les différentes générations du capital.

Quelle participation vient de l’investissement initial ?

Quelle opération a modifié la répartition ?

Cette opération a-t-elle elle-même donné lieu aux justificatifs attendus ?

Quelle part du dividende actuel revient finalement au bénéficiaire ?

Un dossier devient donc difficile non seulement lorsqu’un document manque, mais lorsque les documents disponibles ne permettent plus de raconter une histoire continue.

C’est ce qui explique la valeur de la traçabilité : elle évite de reconstruire après coup ce que l’on pouvait documenter beaucoup plus facilement au moment de chaque opération.

Le transfert ne repose jamais sur une fiche isolée

Autre erreur possible : penser qu’une fiche correctement validée rend tout le reste secondaire.

Ce n’est pas le cas.

L’annexe 2 de la circulaire prévoit plusieurs catégories de justificatifs pour les bénéfices et dividendes revenant aux non-résidents. Ils servent à démontrer différentes parties du dossier : investissement, statut du bénéficiaire, décision de distribution, répartition, éléments comptables et situation fiscale.

L’intérêt n’est pas d’accumuler des documents.

Il est que ces documents racontent la même opération.

Prenons un exemple simple.

La fiche indique qu’un non-résident a financé une participation de 60 %.

La liste actuelle des associés en indique 40 %.

Ce n’est pas nécessairement une anomalie.

Mais il faut pouvoir expliquer l’événement qui a fait passer la participation de 60 à 40 %.

Autre exemple : le capital a bien été financé depuis l’étranger, mais le bénéficiaire du dividende actuel n’est pas exactement celui qui apparaissait lors de l’investissement initial.

Là encore, il faut comprendre la succession des opérations.

La qualité documentaire d’un dossier ne se mesure donc pas seulement au nombre de pièces disponibles.

Elle dépend de leur cohérence chronologique et économique.

Quand le délai est dépassé, il faut d’abord diagnostiquer avant de parler de régularisation

C’est probablement le passage sur lequel il faut rester le plus prudent.

La circulaire contient bien un mécanisme de régularisation dans son article 16. Mais ce mécanisme vise expressément les investissements réalisés avant l’entrée en vigueur de la circulaire pour lesquels aucune fiche n’avait été établie. Il prévoit, dans ce cadre historique, une déclaration sur la base notamment d’une preuve bancaire de l’importation des devises et de leur affectation à l’investissement ou d’une autorisation particulière de la BCT.

Ce texte ne doit donc pas être transformé en règle générale selon laquelle n’importe quel investissement récent déclaré hors délai pourrait automatiquement utiliser l’article 16.

Pour un dossier plus récent, une analyse individuelle reste indispensable.

La date de l’investissement, la nature de l’opération, les preuves bancaires disponibles, l’existence éventuelle d’une déclaration partielle, la validation ou non par l’intermédiaire agréé et les modifications intervenues depuis doivent être examinées avant de conclure sur la démarche nécessaire.

Cette prudence est d’autant plus importante que les procédures d’autorisation de change ont elles-mêmes évolué récemment.

La circulaire BCT n° 2025-12 du 9 octobre 2025 a instauré le dépôt et le traitement à distance des demandes d’autorisation via la plateforme numérique EXOP. Le régime transitoire permettait encore jusqu’au 31 décembre 2025 certains dépôts par les anciens canaux ; après cette date, la circulaire prévoit le recours à la plateforme numérique pour les demandes d’autorisation concernées.

En 2026, parler automatiquement de « faire un F2 » comme si le formulaire papier constituait encore la procédure générale actuelle serait donc imprécis.

Le vocabulaire peut subsister dans les habitudes professionnelles.

La procédure, elle, a évolué.

La bonne question est désormais :

ce dossier nécessite-t-il réellement une autorisation de change et, si oui, sur quel fondement ?

Ce diagnostic doit précéder le choix du canal de régularisation.

Pourquoi l’information donnée dès l’investissement change la qualité du dossier

Il existe une différence considérable entre traiter cette question trois semaines après l’entrée des fonds et la découvrir quatre ans plus tard.

Au début, les documents sont disponibles.

L’investisseur se souvient précisément de l’objet du virement.

La banque émettrice est connue.

La société vient d’être immatriculée ou l’opération sur le capital vient d’être réalisée.

Les personnes ayant traité le dossier sont encore facilement identifiables.

Les dates peuvent être rapprochées sans devoir fouiller plusieurs exercices d’archives.

C’est à ce moment que l’accompagnement préventif prend son sens.

Dans les opérations concernées, Legal Crea peut identifier dès l’origine qu’un investisseur est non-résident, vérifier la nature de l’investissement et son financement, l’informer de la déclaration qui relève de lui ou de son mandataire et l’assister dans la constitution et le suivi du dossier auprès de l’intermédiaire agréé.

Cette intervention ne signifie pas qu’un cabinet peut garantir aujourd’hui toutes les conditions d’un transfert qui aura lieu plusieurs années plus tard.

Une telle promesse serait incorrecte.

La société peut évoluer. Le capital peut changer. La réglementation peut être modifiée. La situation fiscale du bénéficiaire devra être examinée au moment de la distribution.

L’objectif est beaucoup plus concret :

ne pas découvrir au premier dividende qu’une étape importante de l’investissement initial n’a jamais été correctement documentée.

C’est une différence de méthode.

Une formalité préventive consiste à organiser des preuves qui viennent d’être créées.

Une régularisation tardive consiste parfois à retrouver, interpréter et faire correspondre des preuves anciennes.

Le coût documentaire n’est pas le même.

L’incertitude non plus.

Une bonne preuve du capital doit survivre au temps

Une société peut distribuer son premier dividende après un an.

Elle peut aussi le faire après cinq ans.

L’investisseur peut céder ses parts beaucoup plus tard.

La société peut finalement être liquidée après une période encore plus longue.

Or la circulaire ne s’intéresse pas uniquement aux dividendes. Elle organise également le transfert, au profit des non-résidents, de certains produits de cession et de liquidation, et oblige l’intermédiaire agréé à vérifier la régularité de la participation du bénéficiaire lors des transferts concernés.

Cela change la manière de regarder l’investissement initial.

Une pièce n’a pas seulement de valeur le jour où elle est créée.

Elle doit pouvoir être comprise le jour où elle sera relue.

La vraie qualité d’un dossier n’est donc pas de disposer aujourd’hui d’un classeur parfaitement rempli.

C’est de permettre, plusieurs années plus tard, à une personne qui n’était pas présente lors de l’investissement de comprendre ce qui s’est passé.

Qui a investi ?

Quel montant ?

Depuis où ?

À quelle opération ce financement correspondait-il ?

Quelle participation en est résultée ?

Qu’est-il arrivé à cette participation depuis ?

Et pourquoi le bénéficiaire actuel peut-il aujourd’hui demander le transfert du revenu correspondant ?

Lorsque ces réponses sont faciles à reconstruire, le capital possède une histoire lisible.

Lorsqu’elles ne le sont pas, un simple transfert de dividendes peut devenir une enquête sur plusieurs années de documents.


Questions qui reviennent lorsque le premier dividende doit être transféré

Le virement des devises suffit-il à prouver l’investissement ?

Pas nécessairement.

Le virement établit le mouvement financier. La réglementation distingue néanmoins le financement, l’opération juridique réalisée et, selon la situation, la déclaration ou l’attestation permettant de documenter l’investissement.

L’enjeu n’est donc pas simplement de démontrer que de l’argent est arrivé, mais de pouvoir rattacher cette entrée de devises à la participation dont le non-résident tire aujourd’hui ses droits.

Est-ce à la banque de remplir la fiche d’investissement ?

Dans le mécanisme prévu par les articles 6 et 7, non.

L’investisseur non-résident ou son mandataire établit la fiche lorsqu’elle est requise. L’intermédiaire agréé intervient ensuite pour vérifier les informations et procéder à la validation dans le délai prévu.

La réception du financement par la banque ne doit donc pas être confondue avec l’accomplissement automatique de la déclaration.

Le délai de deux mois commence-t-il toujours le jour du virement ?

Non.

La circulaire rattache la date de réalisation de l’investissement à l’événement juridique correspondant à l’opération : par exemple l’immatriculation pour une participation lors de la constitution ou l’enregistrement de certaines opérations portant sur les parts.

Le flux bancaire et la date juridique doivent donc être rapprochés, sans être automatiquement confondus.

Pourquoi la fiche réapparaît-elle lors du transfert des dividendes ?

Parce que le transfert au profit d’un non-résident oblige l’intermédiaire agréé à vérifier la participation à laquelle se rattachent les revenus et la régularité de l’investissement concerné.

La décision de distribuer un bénéfice prouve que le bénéficiaire a droit à une somme au niveau de la société. La réglementation bancaire doit ensuite permettre son transfert à l’étranger.

Legal Crea détaille cette chronologie, les responsabilités respectives et les délais dans sa présentation des règles de déclaration et de validation de la fiche d’investissement du non-résident. La ressource traite également de la documentation du transfert et des situations dans lesquelles le dossier initial est incomplet.

Une fiche validée garantit-elle que tous les dividendes pourront être transférés ?

Non.

Une fiche correctement traitée documente l’investissement initial. Elle ne remplace pas les pièces et contrôles qui seront nécessaires lorsque le transfert sera effectivement demandé.

La décision sociale, la situation du bénéficiaire, les documents fiscaux, les comptes et la répartition du dividende doivent notamment rester cohérents avec le dossier d’investissement.

Que se passe-t-il lorsque le délai de déclaration est déjà dépassé ?

Il n’existe pas une réponse unique valable pour tous les dossiers.

Il faut commencer par déterminer la date et la nature exactes de l’investissement, vérifier ce qui a déjà été déclaré ou validé, retrouver les preuves bancaires et identifier les modifications éventuelles du capital.

Selon la situation, une démarche complémentaire ou une autorisation de change peut être nécessaire.

Il serait toutefois incorrect d’assimiler automatiquement tout dépassement de délai au mécanisme transitoire de l’article 16, qui vise expressément certaines opérations antérieures à l’entrée en vigueur de la circulaire 2018-14.


Le dossier du dividende commence parfois le jour de l’investissement

Le point le plus important n’est finalement pas le formulaire.

C’est la continuité de la preuve.

Un investissement international crée une histoire qui doit rester intelligible :

les devises entrent ;

une opération juridique leur donne une affectation ;

une participation en résulte ;

cette participation peut évoluer ;

et, un jour, elle produit un revenu que son titulaire souhaite transférer.

Plus les années passent, plus cette continuité devient précieuse.

La meilleure situation n’est donc pas celle dans laquelle un investisseur sait résoudre rapidement un problème de transfert.

C’est celle dans laquelle le dossier a été organisé assez tôt pour que le problème n’apparaisse pas sous cette forme.

Au moment où les devises arrivent, la question peut sembler lointaine.

Au moment où le premier dividende doit sortir, elle ne l’est plus du tout.


Cadre réglementaire vérifié en août 2026. Cette analyse repose notamment sur la circulaire BCT n° 2018-14 relative aux investissements en devises des non-résidents et, pour les procédures actuelles de demande d’autorisation de change, sur la circulaire BCT n° 2025-12.

Ce contenu présente une analyse générale et documentaire. La qualification d’une opération et les formalités applicables dépendent notamment du statut de l’investisseur, de la nature de l’investissement, de sa date, de son financement et des documents disponibles. Un dossier réel doit être examiné individuellement.

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